Le 11 juin dernier, la Fédération Léo Lagrange organisait le premier volet de son nouveau cycle de formations à destination des bénévoles des associations affiliées. Au programme : l’évaluation de l’impact social et territorial. Pendant deux heures, des administrateur·ices et bénévoles venu·es de toute la France ont planché sur un sujet qui, de leur propre aveu, les interrogeait depuis longtemps, sans qu’ils·elles aient toujours les outils pour y répondre.
Des participant·es aux profils très variés
Autour de la formatrice Éléonore Lavoine, docteure en sciences de gestion, ancienne consultante en évaluation d’impact social et directrice partenariats prospective et innovation de la Fédération, se trouvaient des bénévoles et administrateur·ices aux réalités très différentes : Christophe Roedelsperger, secrétaire général des Minots de Marseille, qui cherche à mettre en place une démarche d’évaluation pour son club de football dans une logique ESS ; Nathalie Murzeau, de l’association Le Cocon à Cholet (49), qui accompagne les personnes en situation de surpoids et d’obésité et qui peine à traduire l’impact de son action pour ses financeurs ; Daniel Fricot, d’Escapade Liberté Mobilité en Île-de-France, qui travaille à rendre la nature accessible aux personnes à mobilité réduite et qui veut valoriser la richesse de ses interactions territoriales ; Agnès Tassetti, bénévole de l’association Pélagie à Salon-de-Provence (13), qui soutient les familles touchées par les troubles du spectre autistique et qui découvrait la notion d’impact social pour la première fois ; Patricia Zajicek, Ariel Gérard et Flavie Crouzet, nouvellement administrateur·ices du centre culturel et sportif Léo Lagrange de Décines (69), qui abordaient le sujet avec la curiosité de celles et ceux qui construisent encore leurs repères ; ou encore Wilfried Kouakou et Alexise Houlote, administrateur·ices de la Fédération Léo Lagrange Côte d’Ivoire, qui portaient déjà une intuition bien ancrée : celle qu’il ne faut pas confondre l’impact d’une action avec sa simple visibilité.
Un groupe aux horizons multiples, qui a rendu les échanges particulièrement riches.
Ce qui s’est passé pendant ces deux heures
La session s’est organisée autour de deux grandes questions : pourquoi s’engager dans une démarche d’évaluation d’impact ? Et comment s’y prendre concrètement ? Éléonore Lavoine a proposé une approche progressive, à la fois conceptuelle et très pratique, ponctuée de temps d’échange en sous-groupes.
Les participant·es ont d’abord travaillé à clarifier des notions qui semblaient floues : qu’est-ce qu’une réalisation ? Qu’est-ce qu’un effet ? Où commence vraiment l’impact ? Un mini-quiz a permis de mettre tout le monde face à ses propres représentations, avec des exemples concrets issus de structures associatives réelles. La question de la différence entre effet et impact a notamment suscité des échanges nourris. Ensuite, les participant·es se sont essayé·es à identifier leurs propres parties prenantes et les effets (attendus ou non) de leurs actions sur elles.
La deuxième partie de la session a porté sur la mise en pratique : comment cadrer son évaluation en fonction de ses objectifs ? Comment formuler une question évaluative précise ? Quelles méthodes choisir (entretiens, questionnaires, observations) et avec quelles précautions ?
La session s’est clôturée sur les ressources disponibles pour aller plus loin : outils open source, parcours de formation, dispositifs d’accompagnement accessibles aux associations.
Ce que les participant·es en ont retenu
Les retours à chaud ont été unanimes. Flavie Crouzet, du centre de Décines, a salué une formation « très stimulante » qui donne « les moyens de creuser en autonomie par la suite » et apprécié les temps de travail en sous-groupes pour « casser le rythme ». Ariel Gérard a relevé la fluidité du format distanciel. Daniel Fricot a mis en avant le potentiel de l’évaluation d’impact comme « outil de dialogue entre associations ». Christophe Roedelsperger a insisté sur ce que la démarche restitue de sens au travail quotidien : « c’est nous qui définissons notre propre évaluation ».
Rendez-vous à la prochaine session
Pour celles et ceux qui n’auraient pas pu participer à cette première session, la bonne nouvelle c’est que le cycle se poursuit. Une formation sur les violences sexistes et sexuelles s’est tenue le 9 juillet dernier, un article reviendra prochainement sur les échanges et les apports de cette session.
D’ici là, notez dès maintenant la date du prochain rendez-vous : jeudi 3 septembre de 17h30 à 19h30, consacré cette fois à la recherche de financements. La session sera animée par Ingrid Bellance, Responsable Vie Associative au Comité Départemental Olympique et Sportif de Seine-Saint-Denis, dont l’expertise en accompagnement associatif sera précieuse pour toutes les structures du réseau, quel que soit leur domaine d’activité. Inscrivez-vous en cliquant ici !

